TRIBUNES DANS LE MAGAZINE HDS 92

Tribune HDS mag N°78 septembre 2021

Pour de vrais « éco-collèges »

Najib Benarafa – Conseiller Départemental – Groupe  » Ecologistes et Socialistes »

A l’heure de la rentrée scolaire, nous devons être attentifs aux séquelles laissées par la crise sanitaire sur nos enfants (cours à distance ou supprimés…) et saluer l’éternel dévouement des enseignants, qui continuent de remplir leurs multiples missions malgré l’adversité.

Les annonces faites par le Département, sur la végétalisation des collèges et la mise en place de circuits courts pour les cantines, laissent enfin augurer d’une prise de conscience de la majorité actuelle. C’est une victoire pour les élus du groupe « Ecologistes et Socialistes », qui ont été écoutés.

Notre groupe défend le droit des enfants à un environnement sain et à de bonnes conditions d’apprentissage.

Pour atteindre ces objectifs, les investissements devraient être intégrés dans un plan global d’éducation au développement durable dans chaque collège. Nous appelons à planifier, sur les 6 prochaines années, l’allocation de moyens pour : plus d’autonomie énergétique ; la préservation de l’eau et sa récupération ; les mobilités douces ; une alimentation sans résidus de pesticides ni viandes importées élevées aux antibiotiques ; la lutte contre le gaspillage alimentaire, avec des tables de tri et une plateforme de compostage dans chaque établissement ; le développement et la préservation de la biodiversité dans chaque cour de récréation ; l’égalité et l’inclusion de toutes et tous.

Les crises environnementales et sanitaires sont intimement liées. Les premiers à en subir les conséquences sont toujours les plus fragiles, ceux qui ne sont pas sécurisés économiquement, socialement ou dans leur intégrité physique.

Notre groupe plaide pour que le Département apporte aux collèges ses moyens financiers et sa logistique pour coopérer avec les équipes pédagogiques, les élèves et les parents volontaires à travers la formation de comités de pilotage. Ainsi, tous seraient impliqués dans la transformation de leur établissement avec des actions pédagogiques, de diagnostic, de sensibilisation et des activités pratiques.

Nous devons préparer sereinement les enfants aux défis écologiques et sociaux de demain.

Bonne rentrée à toutes et à tous.

DDS MAG 83 Juillet Aout 2022

Une autre politique face à l’urgence (par Najib Benarafa)

Les pénuries s’accumulent, l’inflation augmente, les inégalités s’accroissent, la liste des réfugiés s’allonge, la température monte et les espèces s’éteignent massivement. Ces évènements ne sont pas seulement la conséquence de la guerre en Ukraine mais le résultat d’événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents : sécheresses, incendies, inondations, grêle, gel et tempêtes. Les Etats ont une responsabilité, par leur inaction et leurs priorités. La politique économique mondiale actuelle continue de détruire l’environnement et le social pour un profit éphémère. La liberté, vantée par le libéralisme, est devenue le déguisement d’un individualisme acharné. Nos collectivités sont donc contraintes d’investir, pour réparer ce qui a été abîmé.

Notre département prend en compte de nombreux enjeux du développement durable, en revanche cette lucidité n’a pas encore intégré la notion d’urgence. Urgence climatique. Urgence sociale. Les Hauts-de-Seine se sont engagés avec un objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Une échéance trop tardive : le GIEC implore les Etats de diminuer de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici trois ans pour éviter l’irréversible.

Plusieurs leviers d’action sont envisageables pour atténuer ces changements et s’adapter.

Subventionner le photovoltaïque français pour les particuliers, et en installer sur les toits des collèges car leur fonctionnement, en journée seulement, est idéal pour le solaire. Expérimenter et généraliser des innovations comme l’hydrolienne biomimétique pour exploiter le potentiel énergétique de la Seine.

Développer une économie circulaire d’échelle, qui ne pourra être effective qu’avec des partenariats entre les entreprises locales conceptualisant des produits entièrement recyclables et les collectivités.

Installer une politique de sobriété coopérative et dimensionnelle, c’est-à-dire faciliter un ensemble de mesures et de pratiques du quotidien (comme les transports publics gratuits pour tous les collégiens) qui évitent la demande en énergie, matériaux, sols et eau tout en garantissant le bien-être de tous dans le respect des limites planétaires. Cette politique permettrait de créer plus de solidarité, de pouvoir d’achat et un environnement plus sain.

Meilleurs vœux (par Najib Benarafa)

En 2022 le monde aura rejeté plus de CO2 qu’il n’en a jamais émis dans son histoire. Pourtant les signaux de détresse sont partout dans la nature et la société. Qu’il s’agisse de la sécheresse, des incendies, des inondations, des hausses des températures, des conflits sociaux ou de l’extinction des lumières et des espèces.

Outre les dégâts infligés à notre planète, le changement climatique menace de défaire le tissu social et de saper les fondations mêmes de la démocratie. Le récit du dérèglement climatique, par l’inaction des décideurs, s’est transformé en histoire apocalyptique alors que c’est une opportunité pour le changement, la symbiose et la régénération.

Les solutions actuelles qui ralentissent nos émissions de gaz à effet de serre sont louables mais quand on va dans le mur, décélérer n’est pas la solution. Il faut changer de direction.

Si nous modifions notre point de vue et si nous considérons que le réchauffement climatique comme une invitation à bâtir, à innover à tout changer, 2023 peut nous ouvrir la voie de la créativité et de la coopération.

Plutôt que d’investir dans l’immobilier, le département pourrait faire le pari de l’autonomie énergétique de notre territoire par des microturbines hydroélectriques pour exploiter l’énergie cinétique de la Seine, par la géothermie, par le photovoltaïque sur les toits des collèges, tout en rendant plus flexible le réseau pour adapter la production à la demande. Il peut contribuer à faire des villes des espaces régénérateurs pour l’air, l’eau, les pollinisateurs, la flore, la faune et la séquestration du carbone.

Cela passe par l’utilisation des voies départementales pour créer des couloirs de biodiversité et une révolution en matière d’ingénierie et de conception pour nos industries. En favorisant les entreprises au zéro déchets dans le département, le contenu de nos poubelles deviendra précieux et rendra obsolète la valorisation actuelle des déchets par l’incinération peu écologique.

Les flux d’énergie et de matière que nous produisons doivent cesser d’être gaspillés à l’excès, il est temps d’imiter les écosystèmes des prairies ou des forêts où tout déchet se réutilise, se recycle ou se transforme en nutriment pour une autre forme de vie. C’est notre vœu.

TRIBUNE HDS      Najib BENARAFA 2024

Le temps de l’écologie.

La relation au temps est un des fondements de la motivation politique. La réhabilitation, par exemple, du mythique stade Yves du Manoir de Colombes qui va accueillir une seconde fois les jeux olympiques s’inscrit dans la durée. Le fort investissement du département qui a misé sur la transmission historique, la durabilité écologique du site et l’héritage pour les associations, les sportifs altoséquanais et les collèges alentours en est une illustration.

Un calendrier permet aussi de se fixer des objectifs. Avec l’Agenda 2030, le département s’engage, à structurer sa politique dans les axes du développement durable, ce qui réjouit notre groupe. Nous appelons depuis toujours à une économie qui ne serait plus basée sur le profit mais qui préserverait la santé de la biosphère et bénéficierait aux générations futures.

En politique, il faut voir le temps long pour anticiper et protéger. Protéger notre démocratie, et notre environnement. Les corrections du Marché peuvent paraître menaçantes, mais quand on observe les tendances de certaines fluctuations : la baisse de la participation aux élections, la montée du fascisme dans toute l’Europe, la baisse du niveau scolaire, la montée des intelligences artificielles, la hausse inexorable des températures et la disparition inquiétante des insectes et des oiseaux, on doit davantage s’alarmer.

L’écologie politique prend en compte ces pulsations et tente de les ajuster à notre économie dont le rythme actuel est incompatible avec celui de la nature. Il faut 100 à 1000 ans pour former seulement 1 cm d’épaisseur de sol, il faut un demi-siècle pour qu’une molécule de dioxyde de carbone, gaz à effet de serre, émise dans l’atmosphère soit recyclée, il faut 450 ans pour dégrader une bouteille plastique à usage unique. Incompatible aussi avec le rythme social. L’inflation et la crise immobilière ont augmenté la pression exercée sur les classes moyennes les petites retraites, et les étudiants; tout en appauvrissant les collectivités.

Le temps présent est celui de l’urgence et de l’action. L’urgence climatique et sociale exige de réorienter les financements publics vers tout ce qui rend notre société plus durable et résiliente, avec une fiscalité plus juste et une économie régénérative.

TRIBUNE HDS      Najib BENARAFA

Mai Juin 2025

La Défense doit s’inspirer des systèmes vivants

Le bouleversement du monde impose aux responsables démocratiques de réduire les vulnérabilités de nos sociétés. Notre département, avec son quartier de La Défense, dont un nombre croissant de bureaux, abrités dans des tours obsolètes, sont désertés, vit, lui aussi, la fin d’un modèle économique.

Plusieurs investisseurs ont présenté des projets pour transformer le quartier d’affaires en pôle centré sur les IA génératives, la Cyber-sécurité et l’installation de Datacenter. Ces propositions, prévisibles, sont en accord avec la transe actuelle collective pour le numérique et le digital qui anime le monde et le mène vers l’uniformité de la globalisation. 

Uniformité, qui contribue à la perte de repères de notre société et qui est antinomique de l’humain dont le propre est la variété. L’homme est un producteur de diversité, de cultures, de terroirs et de dialectes.

Le nouveau visage du capitalisme, propose ainsi un monde du tout numérique, sans règles, guidée par des IA génératives gourmandes, en contestant les normes démocratiques et les accords commerciaux. Un système où le plus fort s’accapare de toutes les ressources et détruit les écosystèmes, sans tenir compte des limites planétaires, des terriens humains, ou non humains.

Nous recherchons sans cesse la performance alors que l’évolution montre que la spécialisation et la performance, à l’image des tours de bureaux non convertibles en logements, ne sont pas un atout à long terme. Pour survivre, dans un monde en mutation constante, c’est l’adaptation qui offre la robustesse. Un écosystème robuste est, par essence, diversifié, avec de nombreux systèmes de secours pour compenser, par exemple, la défaillance d’un pollinisateur

Les systèmes vivants savent exploiter les énergies renouvelables depuis longtemps, stocker les informations, sous forme d’ADN pendant des milliers d’années, de manière plus économe que les Datacenter. Ils se régénèrent et détiennent la technologie du futur.

La Défense, si elle se renouvèle, doit s’inspirer de la Nature. Se diversifier dans sa structure et ses fonctions. Devenir un pôle d’innovations et de coopération, pour tous les artisans du biomimétisme. Un pont entre ceux qui cherchent et ceux qui font, pour une nouvelle alliance avec le vivant.

Tribune Lettre bleue du Département Novembre 2021

Tribune Lettre bleue du Département Avril 2022

Tribune Lettre bleue du Département Janvier 2023

Tribune Lettre bleue du Département Novembre 2023

Tribune Lettre Bleue du Département Avril 2024

Tribune Lettre du Département Novembre 2024

Tribune Lettre du Département Mars 2025

Tribune Lettre du Département Novembre 2025

Tribune Lettre bleue du Département Janvier 2026

Tribune Lettre bleue du Département Juillet 2026